mardi 28 avril 2015

Avril, moi et le monde

Chers amis,

Au moment où vous lirez ces lignes, je ferai cap vers l'Ouest dans une voiture chargée de XX (je parle des chromosomes bien sûr). C'est pourquoi, avant que je parte vers la pluie, le vent et le froid, je pense qu'il est temps de faire un point sur la vie, le monde et la métaphysique (ne fuyons pas les grandes débats de société).

Le point littéraire.

Je pars sans avoir encore complètement tranché mon avis sur les Producteurs d'Antoine Bello, je vais devoir encore bien me triturer le cerveau pour savoir ce que je pense de ce dernier tome de la trilogie des Falsificateurs (elle n'est pas facile ma vie punaise).


Dans ma valise, tout ce qui est en papier est 100% british, car il est temps de penser au mois anglais, ce rendez-vous délicieux et hystérique de la blogosphère, où toutes les Austen's girls sortent leur plus belle bannière, ce moment hors du temps où la nouveauté n'est plus à l'honneur, où on s'enthousiasme pour de vieux auteurs morts et barbus, où on fredonne God Save the Queen dans sa douche, et où on crie comme des groupies quand on voit les cheveux de Kate (d'accord là j'extrapole un peu...).


Le point mode.

Oui, ce blog tente d'être moderne, fashion et branché, je me suis donc acheté un nouveau jean. Un grand moment de solitude que je veux (que je dois) partager ici.


D'abord, dans la boutique Diesel dans laquelle je me suis rendue, j'ai été affublée par un vendeur trentenaire hyper cool, d'un "bonjour Madame" totalement hors de propos car :
a) j'étais en jean, baskets, sweat à capuche et no make-up donc WTF ?
b) j'avais planqué mes enfants dans un autre rayon
c) j'avais coupé ma frange toute seule et ça se voyait

Un "Bonjour Mademoiselle" ou même "Hey!!!", voire un check à la cool, auraient, de mon point de vue, été plus appropriés. Passons.

Après cette entrée en matière, pour le moins peu commerçante, j'ai aussi eu le droit à:  "le jean que vous cherchez n'existe plus depuis 10 ans Madame". Car oui, il faut le dire, maintenant, le jean normal n'est plus fabriqué, le bon gros jean un peu rêche, bas de taille et large en bas (pour recouvrir la basket), celui qui finira par se faire exactement à notre morphologie, qui sera même un peu lâche, qui s'usera sur les genoux et se pâtinera sur les cuisses, n'est plus. Notre meilleur ami de toutes les valises, de tous les dimanches, de toutes les balades, celui que même vieux on aime d'amour.... ce jean-là n'est plus fabriqué (même plus au Bangladesh). De nos jours, si on achète un jean, non seulement il est taille haute  (mais qu'y-a-t-il de plus laid et de moins confortable qu'une taille haute? je pose la question), il est coupé slim  (qu'-y-a-t-il de moins seyant qu'un slim ?), et surtout (attention gros gros scoop), il y a à présent 2% d'élasthanne  dans tous les jeans (au lieu de 1% il y a 10 ans). Et ça, ça change tout.

Mes jambes portent donc un leggings déguisé en jean, un peu comme si j'avais un collant bleu marine avec des poches cousues dessus,  il ne se relâchera jamais et me collera jusqu'à la fin et tout ça pour une somme modique équivalente à deux cartouches de cigarettes. Je terminerai ce point mode (que je considère comme le coeur de ce billet) par cette phrase de l'Homme "Tu sais, le monde change, le jean évolue, tu dois t'habituer aux 2% d'élasthanne, oublie ton jean rêche et résistant d'avant , accepte le progrès, il ne te va pas si mal que ça". (Tout est dans "si mal", L'Homme pendant un moment a envisagé d'être coach de vie...il a finalement choisi une voie plus classique).

Le point société (sans transition)

Ce message s'adresse à toutes les mères  qui caressent l'espoir qu'un jour leurs filles soient grandes, autonomes, salariées, mariées et mères de famille. Les copines je vous dis: attention!!!

 Si vous tombez sur une fille dans mon genre, à 60 ans, vous poserez encore des congés pour l'accompagner, elle et ses enfants, en vacances quand sa moitié restera travailler.  Parce que vous aurez peur qu'elle n'arrive pas à conduire pendant 8h  toute seule (suite à ses gros soucis pour obtenir son permis à 21 ans, après 2 ans d'essais infructueux et onéreux), parce que vous craindrez qu'elle ne comprenne pas le fonctionnement ni l'organisation d'un supermarché (suite à une interdiction de son mari qu'elle y fasse ses courses où elle ne ramenait que des choses qui n'avaient rien à voir avec la liste), parce que vous savez qu'elle pourrait jeter son GPS par la fenêtre (suite à sa trahison de l'année dernière, et parce qu' elle refuse de lui donner une seconde chance).

Pour toutes ces raisons, vous préfèrerez vous amputer une semaine de congé dans l'année, plutôt que la laisser tout gérer toute seule (car, vous qui l'avez portée, savez bien qu'elle en est incapable). 

Si vous voulez éviter cela, réagissez maintenant. Apprenez-lui dès aujourd'hui l'organisation, l'autonomie, le zénitude. Expliquez lui comment on fait cuire du riz et où on trouve des sachets de thé, faites lui travailler sa latéralisation, et même , tentez la conduite accompagnée. Si vous ne faites pas attention,  elle sera votre boulet même à l'approche de la quarantaine.
(De mon côté, quand je serai riche et que j'habiterai un manoir, je ferai élever un statue à l'effigie de ma mère dans le parc de ma propriété).

Le point blogo

Me sentant l'âme militante ces derniers jours, j'envisage d'organiser un petit rendez-vous vidéo éphémère, dans la même idée que les joggueuses du dimanche (en moins sport) et les blogueurs sont Charlie (en plus gai). Cette fois ce sera pour défendre, mettre en avant, et (allez disons-le) faire de la pub aux librairies indépendantes, petites et grandes, parisiennes ou provinciales. Certaines n'en ont pas besoin mais d'autres si, parfois.  Une seule journée de la librairie indépendante dans l'année c'est peu, et il ne faudrait quand même pas qu'un jour ce soit des commerces d'un autre temps qu'on présente comme des boutiques un peu folkloriques. Et si les gros lecteurs ne défendent pas les petites librairies, c'est que quelque chose ne tourne pas rond chez nous (et là j'aurais pu ajouter "ma bonne dame").
Quiconque est intéressé pour nous rejoindre peut le faire via Facebook ou en me contactant directement.

En attendant, alors que je file plein ouest (au son de la Reine des Neige, Stromae et le soldat rose 1 et 2...) je vous donne rendez-vous vendredi 1er mai, où j'inaugure une nouvelle rubrique : Les Blogueurs parlent aux blogueurs. Si tout se passe bien, ça devrait se tenir chaque premier du mois : je m'entretiendrai avec un(e) blogueur(se) sur les petits et grands sujets littéraires et blogosphériques. Comme tout le monde le sait déjà, j'aime quand la blogo se regarde le nombril, et j'aime surtout quand le blogging est interactif. Parler les uns des autres me semble l'âme de notre petit monde virtuel.  Je vous laisserai donc découvrir mon galop d'essai avec mon premier cobaye et parrain de ce rendez-vous 
(teasiiiiing, en fait je suis diplômée en marketing mais personne ne le sait).

Une belle semaine à tous, plusieurs questions restent néanmoins entières malgré mes efforts:
- aurai-je du wifi chez Henri IV?
- la pratique du billet personnel sur les blogs a-t-il condamné sans le vouloir les romans d'autofiction?
- qu'ai-je oublié cette fois-ci dans nos valises?
- aimerai-je le dernier Solomons?
- était-ce une bonne idée de prendre mes chaussures de course?

Comptez sur moi pour me plaindre et exagérer tout ce qui va m'arriver cette semaine, c'est mon fond de commerce.

Prenez soin de vous

mercredi 22 avril 2015

D'autres vies que la mienne

Emmanuel Carrère,
D'autres vies que la mienne (2009)
Folio, 2014, 334 p.
Avant-propos: Sandrion et Val (et à tous les fans de ce livre), soyez prudents, allez directement au dernier paragraphe de ce billet.

Dans ce livre,  l'auteur nous promet du 100% non-fiction, "du tout est vrai messieurs dames" (et à la limite je préfère ça au faux romans autobiographiques ou autofictionnels). Carrère nous parle, non pas d'autres vies que la sienne, mais plutôt d'autres morts: celles de deux Juliette (qui n'ont rien à voir mais qu'il a connues). Une Juliette de 4 ans emportée par le tsunami de 2004 et une Juliette trentenaire, sa belle-soeur, terrassée par un cancer.

Et là, (pardon hein), mais franchement ce ne serait pas un peu facile de faire pleurer la ménagère de 36 ans sur la mort d'une gamine qui a l'âge de la sienne, puis sur celle d'une mère qui va laisser ses petites filles grandir sans elle (surtout si la lectrice en question a elle-même des filles, est hypocondriaque et vit dans une zone sismique)? Je pose la question. Parce que oui, bien sûr qu'on pleure, mais pour les mêmes raisons que celles qui nous font sangloter devant les informations et les images affreuses de M6.

Qui n'a pas les larmes qui remontent par gros bouillons quand une fillette prie Dieu pour que sa mère à l'agonie ne meurt pas d'un cancer qui a déjà gagné la partie? Perdre un enfant où être celle qui privera sa fille de mère pour l'éternité, y-a-t-il des choses plus affreuses qui puissent nous arriver? Et je suis en colère d'être aussi triste et bouleversée, parce que je n'aime pas ce que Carrère a fait des Juliette: un corps pourrissant dans une morgue sri-lankaise d'un côté, un corps agonisant relié à des machines qui ne le soulagent plus de l'autre.

Comprenons-nous bien, je sais que la démarche est honnête, que Carrère est sincère, mais clairement, ce n'est pas ce que je voudrais qu'on écrive de moi à la place de Juliette-mère (même si heureusement aucun de mes beaux-frères n'a de tendance littéraire). Dans "Dautres vies que la mienne" il y a "vie", et résumer une personne à la maladie qui la terrasse, la présenter uniquement à travers le prisme de la déchéance physique, la résumer à un corps qui n'a plus la force de se battre, ça je n'ai pas pu l'accepter. Je m'attendais à ce que le profond désespoir qui émane de ce roman soit transcendé par un travail littéraire.

Et au lieu de ça, j'ai quoi ? Les réflexions métaphysique d'un petit bourgeois qui se regarde avoir mal et qui  nous parle de son renard qui lui mange les entrailles. Mais, oui, ça aussi je le sais, on vit tous avec nos "renards" monsieur Carrère,  mais moi je n'ai pas envie de le retrouver en littérature, en tous les cas pas comme ça. Et encore moins dans ces incursions personnelles, cette auto-flagellation et cette admiration pour la famille endeuillée de Juliette-fille (où tout le monde s'entend bien dans une communion familiale parfaite), ni dans une sorte de condescendance pour la petite famille de Juliette-mère, dans sa petite maison de lotissement de province (bientôt, je m'attendais à lire "oh qu'ils sont chouettes ceux qui se contentent d'une vie simple, quel dommage qu'ils attrapent un cancer!!!")

En plus, ce livre qu'il dédicace (et j'ai vraiment trouvé ça très beau) aux filles orphelines de mère que seront Diane, Amélie et Clara tout le reste de leur vie aurait (de mon point de vue) mériter un peu de retenue. Par exemple,  on se doute qu'une femme sous oxygène, affaiblie par deux cancers n'a pas une vie sexuelle palpitante, mais il est inutile de l'écrire, surtout quand on se gausse d'un "tout est vrai". Laissons cela à l'intimité d'un couple qui n'est plus parce que l'épouse est morte trop tôt.

En revanche (Val et Sandrion revenez! ), j'ai tout aimé sur le juge. Tout. Surtout après l'année 2014 qui aura été celle du cancer à tous les étages, celui des gens que j'aime et celui des gens que je n'aime pas. J'ai trouvé que la grande réussite de ce livre, c'est le personnage génial d'Etienne (ami et collègue de Juliette-mère), qui contre vents et marées a accepté que son cancer fasse partie de lui et a gagné son combat. 

"On sait que ce cancer, c'était soi. Toute sa vie, on a craint quelque chose qui, en fait, est déjà arrivé" (p.154) 

J'ai aimé passionnément ce juge altruiste et unijambiste, tourné vers les autres, sans arrogance ni fausse modestie, qui nous explique que le surendettement, c'est bien autre chose que ce qu'on s'imagine. C'est la maladie d'une société qui nous fait croire que pour être heureux il faut posséder. Passer en procédure de surendettement, c'est ne pouvoir dépenser que pour sa survie pendant des mois. J'ai aimé sa complicité avec Juliette, son combat contre les institutions, son absolue lucidité sur les surendettés.

"Il a choisi, vraiment choisi, c'est à dire en ayant le choix, d'être un petit juge de base parmi les gueux du Pas-de-Calais" (p. 160)

Lui, je l'ai aimé, parce qu'il m'a fait voir le monde autrement, le cancer autrement. Etienne, c'est une leçon. J'aurais juste aimé que le titre soit au singulier, et qu'il s'agisse d'une "autre vie" que celle de Carrère, et celle d'Etienne m'aurait amplement suffi. Si Carrère était resté sur cette ligne là tout son roman, j'aurai crié au génie. 

Pour terminer, je voudrais m'excuser, car je sais que ce billet va blesser des gens qui me sont chers (mais je mise pas mal sur les vacances scolaires sur ce coup). Et dans ma grande lâcheté je publie ce billet quand celle qui m'a offert le livre est à Bilbao....

Une fois n'est pas coutume, je termine avec un bel extrait  qui m'a fait comprendre ce qu'on m'a souvent seriné (en vain)

"Je suis tellement choqué par des gens qui vous disent qu'on est libre, que le bonheur se décide, que c'est un choix moral. Les professeurs d'allégresse pour qui la tristesse est une faute de goût, la dépression une marque de paresse, la mélancolie un péché". (p.156)


Promis juré, je ne serai plus jamais le professeur d'allégresse de qui ce ce soit
(alors pour ça, merci M. Carrère)

mercredi 15 avril 2015

Signe du déclin industriel : photo du mois #4

Oui, vous avez bien lu, ce mois ci le thème de la photo du mois c'est Signe du déclin industriel choisi par Alban. Un truc simple et optimiste, de quoi avoir la forme jusqu'au mois prochain (à titre personnel, j'aurais préféré "les grandes pandémies en zone tempérée"). Et j'ai bien cru devoir jeter l'éponge et me faire mettre en quarantaine.

Mais c'était sans compter le fait que je suis le taxi officiel de mes enfants qui, entre anniversaires, rendez-vous médicaux  et rencontres sportives,  me font arpenter la ville de tous côtés.

 Et je suis tombée sur ça.



Et là je vous le dis, le gros coup de chance (du coup je joue à l'Euromillion, tant qu'à faire).

Ce bâtiment néo-gothique du début du XXe siècle était la manufacture de Fratelli Branca, une société milanaise qui produisait des tonnes et des tonnes de liqueur-potion magique qui guérissait du choléra. La société Branca-Fernet a fermé ce bâtiment en 1918, et c'est dans les archives du CFR, grâce à un article très pointu d'une certaine Léna Thorsen,  que j'ai découvert ce qu'il advient de ce bâtiment.

Il se trouve qu'un jeune étudiant en Hypokhagnes s'y était caché à partir de 1943, recherché à cause d'un grand père juif, d'un nom de famille très connoté et de participations sporadiques mais réelles à quelques activités de résistance. Il y rencontra à plusieurs reprises Jean Moulin (qui malheureusement ne peut plus le confirmer) qui lui-même avait une galerie de peinture pour couverture. C'est dans cette distillerie désaffectée (mais dans un meilleur état qu'aujourd'hui), que reclus et recherché, cet homme (dont je préfère taire le nom pour ne pas briser l'omerta) aurait écrit un roman considérable et génial, dont le manuscrit circulerait encore dans un milieu d'avertis.

Arrêté en août 1944, juste avant le départ des Allemand, on ne sait ce qu'il advient de lui, mais un corps retrouvé parmi d'autres noyés dans la rade de Villefranche au mois de septembre, pourrait être le sien. Il se murmure qu'un romancier, devenu célèbre depuis, mais qui à l'époque avait peur d'être dans son ombre, l'aurait éliminé pour lui voler son manuscrit, en profitant des jours troublés de fin août 1944. Heureusement, le manuscrit était en sécurité chez une tenancière de maison close (qui échappa de justesse à l'Epuration). Nommé "dossier Branca" par un petit groupe de fidèles, il a été depuis mis en lieu sûr. Toujours est-il, qu'à l'heure actuelle,  aucun éditeur ne souhaite publier ce roman (trop ambitieux, trop humaniste, trop travaillé),  par peur de décourager tous les romanciers du monde et pour éviter d'entraîner un cataclysme dans le milieu éditorial. Chaque 16 septembre, des extraits sont publiés dans des revues confidentielles, en hommage à ce génie parti trop tôt. 

Allons voir comment les autres participants à la photo du mois ont réagi au signe du déclin industriel. 

Nanouk, Frédéric, Giselle 43, Bestofava, Brindille, El Padawan, Suki, Homeos-tasie, MyLittleRoad, Les bonheurs d'Anne & Alex, Journal d'une Niçoise, Rosa, Lavandine, Krn, Philisine Cave, BiGBuGS, KK-huète En Bretannie, MauriceMonAmour, Lyonelk, Céline, Yvette la Chouette, Kenza, Tambour Major, Autour de Cia, Chat bleu, MissCarole, Utopique-Lily, Luckasetmoi, Testinaute, La Fille de l'Air, Pilisi, Eurydice, Estelle, Cara, Dom-Aufildesvues, Dame Skarlette, Chloé, Julia, Alban, Lavandine83, Rythme Indigo, Laurent Nicolas, Noz & 'Lo, Philae, Memories from anywhere, magda627, Ava, Akaieric, Milla la galerie, princesse Emalia, Nicky, Josette, Les Filles du Web, Guillaume, Claire's Blog, Renepaulhenry, Christophe, Aude, Céline in Paris, CetO, Woocares, Fanfan Raccoon, Pixeline, Gilsoub, Sinuaisons, Alice Wonderland, Thalie, CécileP, Lau* des montagnes, Salon de Thé, A'icha, Josiane, Sandrine, Blogoth67, Calamonique, Koalisa, Isaquarel, Laulinea, Tuxana, Morgane Byloos Photography, Arwen, J'habite à Waterford, Iris, Xoliv', Champagne, Mamysoren, DelphineF, François le Niçois, My Little Reflex, Loulou, Alexinparis, Galéa, Eva INside-EXpat, Amy.

vendredi 10 avril 2015

L'Exception

Audur Ava Olafsdottir, L'Exception
traduction de Catherine Eyjolfsson
Zulma, 2014, 337 p.
L'Exception, c'est l'histoire d'une femme Maria, la grosse trentaine, mariée, deux enfants, qui se fait abandonner par son mari, un 31 décembre, 11 minutes avant minuit.

Et franchement je me suis demandée pourquoi Val m'avait offert ce roman pour mon anniversaire, sachant que je déteste les histoires de couples et de reconstruction personnelle. Mais en fait, ça n'a rien à voir ... car c'est islandais (je ne vois que cela comme explication).

Absolument tout est juste dans ce roman. La preuve, j'ai, tout de suite détesté Floki le mari, qui la quitte pour un homme quand même, son associé précisément, dont il est amoureux:  "Tu es la dernière femme de ma vie" (p.12). Quand j'ai lu ça, j'ai eu envie de le gifler le Floki, parce qu'il ne faut pas exagérer non plus. Un 31 décembre à 23h50 on ne quitte pas son épouse qui a cuisiné tout l'après-midi, zut!!!!

Et puis le roman se déroule alors qu'on se rend compte avec les yeux de Maria de tout ce qu'elle a refusé de voir (il n'y a pas que les hommes qui font l'autruche, mais là vraiment elle a fait fort quand même). Pour moi l'une de réussite de ce livre, c'est justement cela, ouvrir comme Maria les yeux sur ce qui aurait du lui paraître évident.

Et petit à petit on comprend en fait pourquoi elle l'aime tant son Floki, et c'est bien la première fois que je ressens dans un livre le désespoir d'une femme qui perd sa moitié. Un désespoir digne comme je les aime, sans pathos, sans lyrisme, ni grandes envolées. On est loin du déversoir à sentiments de la femme abandonnée et hystérique, il y a même un peu d'humour et un brin de distance.

Et finalement, on se met nous aussi à le trouver carrément attirant et irremplaçable ce Floki et on aurait presque envie qu'il revienne (on mesure le chemin parcouru en tant que lectrice), parce qu'on finit par comprendre qu'elle lui est viscéralement attachée à son homme. Le risque avec ce roman, surtout si on est pas avec l'Homme au moment où on le lit, c'est de passer des coups de fil nocturnes (vraiment nocturnes) pour vérifier qu'on est toujours la moitié de l'autre
#JaiTestéPourVous
#CestLaHonteQuandMême
#IlTravaillaitLeLendemain

Dans l'Exception tout est parfaitement mesuré et équilibré - même les descriptions culinaires- l'ambiance, les réflexions, la tonalité générale. De l'accablement d'avoir perdu l'autre, jusqu'à la façon d'être mère: c'est d'une rare justesse. Qui, seule au parc avec ses enfants ne s'est pas un jour fait cette réflexion: "Je suis la seule mère de ma rue à connaître la beauté du monde au premier jour de l'année" (p.52)

Et ce qui marche, c'est que le roman ne se résume pas à une séparation (et heureusement), il y a d'autres personnages qui gravitent, comme une naine, à la fois pique-assiette, conseillère conjugale sans patient, ghostwritter de romans policiers. On y trouve aussi des parents, quelques amis, un voisin jeune, écolo et sexy, un bucheron-poète, un Danois malade, un couple du temps passé, des histoires d'amour, que l'on suit en miroir, l'une renvoyant l'image de l'autre...

La seule question que je me pose, c'est l'étrangeté. On m'avait prévenue qu'il y avait une atmosphère étrange, je m'y étais préparée et en fait, je me suis sentie tout à fait chez moi (alors que pourtant je n'ai pas de voisine naine  qui finit mes tiramisus, je rencontre rarement des bucherons-poètes qui plient sous mon charme et je ne milite pas contre les mines anti-personnelles- et j'ai tort)...mais bizarrement, je me suis sentie tout à fait à l'aise dans cette histoire et cette ambiance,  (ce qui en dit long finalement sur ma "normalité"). En réalité, je suis bien dans les univers décalés et insulaires.

Olafsdottir émaille son roman de phrases qui tombent comme ça et qui sont évidentes "Ce n'est pas simple d'être adulte. Et puis on ne prend pas des décisions éclairées à tous les moments de sa vie' (p.317).
#OnPeutLeDireOui

Mon seul bémol est sur la dernière page qui ne m'a paru totalement nécessaire ...

Mais Maria reste L'Exception, parce qu'elle est exceptionnelle: elle est belle, généreuse, excellente cuisinière, mère dévouée, épouse abandonnée et amoureuse, enfant chérie, elle donne au roman sa dignité et ses couleurs.

Merci à Val ;-)

mardi 7 avril 2015

Very inspiring blog award

Quand Val parle littérature, elle se rend chez des blogueurs littéraires (normal quoi), mais quand Val parle d'autres choses, c'est-à-dire d'elle ou des gens qu'elle aime bien, c'est chez moi qu'elle s'installe,  un peu comme les stars le faisaient chez Mireille Dumas du temps de Bas les Masques (j'envisage sérieusement une bonne permanente pour être crédible). Il fallait un certain courage, alors qu'elle n'a plus de blog (personnel j'entends), pour en citer 10 qui comptent un peu plus que les autres. Je tiens à préciser que je n'ai influencé aucun de ses choix  (sauf bien sûr que j'ai exigé de m'y trouver, vous pensez bien) et je me suis retenue de tout commentaire ou remarque, parce que quand je prête ma machine à café, je laisse libre de prendre n'importe quelle capsule.

Je vous laisse donc avec Val et ses chouchous (Kathel, ne t'inquiète pas je reviens parler de livres tout bientôt avec L'Exception).

Very inspiring blog award

C’est Jérôme qui le premier, m’a décerné cette récompense et ce n’est vraiment pas de la fausse modestie de dire que ça m’a à la fois touchée et surprise. Merci à toi, Jérôme et à Mo’ qui m’a aussi nominée. Comme il me décrit comme cash et directe (et j’ai l’impression que je dois le prendre comme un compliment, ce qui le différencie de ma mère qui pense qu’il faut avant tout sauver les apparences), il me faut être fidèle à ma réputation et comme je trouve courageux de la part de Jérôme d’avoir publiquement fait des choix, je vais faire de même et je vais même le faire avec un grand plaisir. Et puis en lisant les billets de Jérôme et de Mo’, je les ai trouvés beaux et pudiques et je me suis demandée si les blogueuses/ blogueurs qui comptaient un peu plus pour moi que les autres le savaient. Mes 10 blogs incontournables, ceux dont je rentre l’adresse de façon quasiment automatique et sans réfléchir chaque jour ou presque sont indéniablement (dans l’ordre alphabétique) :

Mo’, c’est ma comparse du loto BD mais c’est bien plus que ça. C’est quand quelqu’un n’est pas là que vous vous rendez compte à quel point il compte pour vous. Quand Mo’ a fait une petite pause, elle m’a manqué et j’ai attendu son retour avec impatience. La dernière session du loto BD nous a prouvé qu’à l’écrit, nous étions toutes deux des bavardes impénitentes. Je crois que pour elle, je serai capable de chanter du Nougaro (sans l’accent) et peut-être d’aimer Toulouse, même si elle se moque de mon temps normand. Je te précise Mo’, mais tu le sais, que j’ai écrit ce texte avant de lire le tien.

Canel fut ma première copine de blog, la première blogueuse qui m’a donné envie de franchir le pas de la rencontre IRL, celle à qui j’’ai envoyé des mails pendant des mois avant de la rencontrer, une fois à Paris et une fois à Nantes devant une crêpe. Mon premier souvenir d’elle tourne autour d’un désaccord amical concernant Max et les Maximonstres (le film) que j’avais adoré. Elle est drôle, un peu coquine et très taquine (et elle n’aime pas les photos). Nos filles ont partagé un swap et ce fut un très beau moment. Et nous nous sommes souvent envoyé des petits cadeaux.

Jérôme n’est pas dans cette liste parce qu’il m’a nominée. Il n’est pas non plus ici parce que nous sommes allés dans le même lycée, moi avant lui, ou qu’il vit dans une ville qui fait partie de mes racines et à laquelle je suis attachée. Il n’est pas là parce qu’il fallait bien un homme dans ce top, ni parce qu’on s’est souvent envoyé des paquets dans le cadre du loto BD (ou pas). J’ai presque envie de dire que pour moi, Jérôme est une blogueuse comme les neuf autres nominées, et je ne pense pas que ça le vexerait. Jérôme est là parce qu’il m’a fait connaître Ernest J.Gaines, parce que sa passion pour une certaine littérature américaine, assez virile ma foi, me plait beaucoup, parce qu’échanger avec lui est toujours intéressant, qu’il me parle de livres, de Charlotte, du métier de sa femme ou de l’évolution du sien ou qu’il me dise tout le bien qu’il pense de Moka et fasse l’entremetteur en vue d’une rencontre (en fait, je crois que Jérôme parle très bien des femmes de sa vie). Parce qu’il est simple et ne se pavane pas comme un coq dans son poulailler. D’ailleurs Jérôme n’est pas un coq mais un vrai papa poule et c’est aussi pour ça qu’il nous touche.


Philisine, c’est un cœur gros comme ça et on le sent très vite. Ca se sent sur son blog et ça se sent dans ses messages. Mais Philisine, c’est aussi une tête bien faite. Je suis ravie d’avoir pu faire sa connaissance (un peu trop brièvement) au salon du livre.


Marjorie et moi nous sommes rencontrées lors du Prix Elle. Notre vraie rencontre eut lieu au salon du livre lors de la rencontre du jury et des auteurs et le courant est tout de suite très bien passé. Nous n’avons cessé de nous revoir dès que l’occasion s’est présentée et elle a même répondu présent au dernier moment parfois. Nous ne boudons pas notre plaisir devant les auteurs charismatiques (Christophe Ono-dit-Biot ou Philipp Meyer) mais surtout, je crois qu’on pourrait papoter des heures. Marjorie, c’est une fleur sauvage qui s’ouvre en tête à tête et c’est un vrai coup de foudre amical pour moi. C’est elle qui m’a prouvé que la différence d’âge n’entrave en rien l’amitié.


Laure, c’est aussi une copine du Prix Elle. Il faut croire que ce jury 2014 était un excellent cru. C’est une première rencontre au salon du livre, une seconde à Vincennes, une troisième… et nul doute qu’il y en aura d’autres. Laure est une femme pétillante et passionnée, c’est toujours un plaisir de la revoir.


J’ai rencontré Tiphanie lors du swap anniversaire de Herisson. Et nous n’avons cessé de fêter nos anniversaires depuis (avec quelques péripéties dues à mon étourderie). J’aime sa douceur et sa modestie. Nous partageons le même métier mais quelques années nous séparent. Nous ne nous sommes jamais rencontrées et je pense que son départ en Alsace va me priver de cette rencontre. Je le regrette profondément.

Je pense qu’on a tous une blogueuse ou un blogueur de cœur, notre sœur de blog pourrait-on dire. C’est le prix Elle qui nous a liées, notre affection pour Adèle et moi,  Lady Hunt et Gilles Kepel, notre agacement devant la K. nous ont rapprochées, nous défendons nos chouchous avec la même ardeur et descendons en flèche ceux qui nous agacent avec la même mauvaise foi. Des liens se créent qui dépassent la littérature, elle fut mon oreille et mon épaule dans la pire période de ma vie et ça, je ne pourrai jamais l’oublier. Nous partageons des discussions futiles mais aussi des questions existentielles. Il ne nous reste qu’une étape à franchir et je l’attends avec impatience.
Ce ‘n’est bien sûr pas un hasard si ce billet si personnel est publié sur ce blog.

Impossible de faire ce top sans y mettre une bretonne quand-même ! Ma bretonne à moi, c’est Sylire avec qui j’échange régulièrement sur les lectures que nous partageons. Nous nous sommes rencontrées à l’occasion du Prix Audiolib. C’est bien sûr l’une des organisatrices du Blogoclub.

Pour moi, Malika sera toujours associée à Lisbonne puisque c’est là que je l’ai rencontrée et que nous avons mangé de la morue ensemble. C’est aussi son mari, le mien, ses enfants et ma fille. Une bien belle rencontre et une bien belle soirée. Une femme qui ressemble à son blog, souriante et ouverte. Et c’est un blog entre parenthèses que je ne veux pas voir disparaître parce que j’aime ses avis tranchés, dans lesquels je me suis souvent retrouvée.

Je vais faire comme Jérôme en trichant un peu parce que si j’avais pu, j’aurais choisi douze blogs. Difficile pour moi ne pas mentionner ma Rouennaise préférée, que j’ai rencontrée deux fois autour d’un thé pour elle et d’un jus d’orange pour moi, je parle bien sûr d’Aifelle. Et je reste fidèle à Kathel dont j’ai toujours apprécié les avis tranchés.

Bien sûr, il y a de nombreux autres blogs que je lis, des blogueuses dont les mails m’ont touchée. Mais ce billet est surtout pour moi une déclaration un peu plus appuyée à celles (et celui) chez qui je commence toujours mon tour des blogs. J’en profite pour rappeler que notre attachement aux blogueurs/ blogueuses qui nous entourent nous fait connaître parfois l’inquiétude face au silence soudain de l’une d’entre nous. C’est mon état d’esprit du moment. Je croise les doigts pour que l avenir proche m’apporte de bonnes nouvelles.

PS: je ne suis pas bien sûre que les liens sur les images fonctionnent, mais je remercie Miss Léo, Maxi Vav et Mina Merteuil pour leurs conseils. 
PS2: l'avantage avec Val c'est qu'elle répond aux commentaires dans les temps, j'espère que mon blog va s'en remettre.

vendredi 3 avril 2015

Il faut sauver l'auditrice Galéa

Monsieur le Président de Radio France,
Monsieur le Président du CSA,
Monsieur le Président de la République,

Je m'appelle Galéa, j'ai 36 ans et je suis France Inter addict (en plus du tabac, de Facebook, de la Despé et des rideaux à rayures).

En plus de cette addiction, je suis aussi quelqu'un de profondément perturbée, globalement névrosée, un brin psycho-rigide, et dès que ma routine est bouleversée, mon état émotionnel et psychique s'en ressent.

Comprenez-moi bien, je me lève tous les jours avant 6h, et la seule chose que je tolère au petit matin c'est le 5/7 (pendant que je blogue), avec toujours une attention particulière pour la Revue de presse européenne d'Alex Taylor (car j'essaie de devenir quelqu'un d'ouvert sur le reste du monde malgré un handicap réel en apprentissage de langues vivantes). Quand Patrick Cohen prend l'antenne, je vais mécaniquement réveiller les enfants et c'est au moment ou Bernard Guetta attaque sa chronique que je sais que nous serons en retard à l'école (et que je hurle façon Mme Groseille). Au travail, je tente d'attraper les pastilles de François Morel qui parfois me font pleurer, j'écoute Augustin (en m'énervant quand il décrit les vêtements de ses invités mais en nourrissant pour lui une affection véritable et des rêves fous et irréalisables- de toutes manières je suis mariée)...bref, je vous épargne le reste de ma journée, avec une écoute plus ou moins en pointillés (parce que j'ai un travail quand même) mais quand vient le soir je sais que quand Kathleen Evin arrive, ma soirée commence et que c'est l'heure de l'histoire des enfants.

Comme tous ceux qui ont une existence palpitante et une vie sociale très remplie, Inter fait partie de ma vie (mais nous sommes nombreux dans ce cas voyez-vous), chaque corvée ménagère a son émission (le changement de draps du dimanche sur Interception et le repassage sur 116 avenue Albert-Londres). Je défends Inter contre mon père qui trouve cette station quand même "très orientée" (bien que je lui dise que Guillaume Erner est sans doute de droite), Numérobis, à deux mois, n'arrêtait de pleurer que sur les grands concerts de Radio France à 21h le dimanche soir, Gallienne m'a presque convertie aux livres audio, Paula Jacques m'a fait découvrir Boukobza, et j'ai vécu le 11 janvier à travers la voix de Guetta qui avait su allier dignité et émotion. Je pourrais aussi vous dire que j'entretiens une secrète admiration pour Baraton (même les géraniums décèdent après être passés entre mes mains...), et que pendant de nombreuses années j'attendais qu'Eva Bettan dise mon nom lors du choix des jurés du livre Inter.

Alors clairement, après 14 jours sans Inter ou privée de mes émissions fétiches, je suis en danger et ma famille aussi. C'est bien simple, je ne sais jamais quelle heure il est ni ce qu'il se passe dans le monde, je supporte votre bande-son indigeste uniquement dans l'espoir de capter les émissions par miracle diffusées. Pour tout dire, je ne savais même pas qu'il y avait des élections ce week-end ni qu'on changeait d'heure. Je ne vous raconte pas la semaine que j'ai passée. Tout va mal.

Il faut donc sauver l'auditrice Galéa (et ses copines qui sont dans le même état qu'elle, si on vous fait une Révolution, vous risquez d'être vite dépassés par les événements , c'est moi qui vous le dis).


Je vous le dis tout net, si Rayures redouble son CM1 parce qu'on arrive en retard tous les jours, si mon père et moi n'avons plus aucune raison de nous disputer, si je me mets sur une autre station et que j'achète tous mes livres chez XO, si je divorce parce que je ne peux plus passer mes nerfs sur le Masque et la Plume, je vous en tiendrai entièrement responsables. 

Ma vie de famille est entre vos mains.

N'oubliez quand même pas que les vraies personnes à qui vous avez à rendre des comptes, c'est à nous les auditeurs. Les présidents de tous bords, les animateurs, producteurs ou journalistes passent d'un fauteuil à un autre,  mais nous on reste toujours derrière le poste. Pour ma part, j'ai 20 ans de fidélité à mon actif (oui à 16 ans j'étais déjà vieille dans ma tête).

Alors vous, chers membres de l'élite française, vous qui avez fait des études longues pour savoir gérer de grosses maisons comme Radio France, vous qui nous faites croire que vous savez tout mieux que tout le monde, qui gérez des budgets dont on n'a pas idée des ordres de grandeur, c'est à vous Messieurs qu'incombe la très grosse faute de l'impasse où vous êtes aujourd'hui, c'était à vous de tout faire pour que les antennes du groupe perdurent malgré tout, c'est à vous de trouver les moyens pour que nos radios continuent d'émettre des émissions de qualité (qui on ne va pas se mentir ne sont pas pléthore sur le service audiovisuel français).

Et j'ai envie de dire "attention", ma fille de 6 ans affirme que je fais très très peur quand je me mets en colère, à votre place, je ne tenterais même pas.

L'exception culturelle, c'est vous, Messieurs les Présidents, qui en avez la responsabilité vis-à-vis du contribuable français. Radio France fait partie de cette exception culturelle.

(Je vous laisse encore 8 jours et je descends dans la rue armée de mon transistor des année 90).